Je cherchais un trek de 3 jours à réaliser dans les Pyrénées à la mi-juin. Au départ, j’avais prévu de faire un trek entre Gavarnie et Ordesa, mais après avoir contacté le refuge de la Brèche de Roland, j’ai appris que l’accès au refuge ainsi que la montée à la brèche nécessitaient encore un piolet et des crampons à cette période. J’ai donc revu mes plans et choisi de partir sur le tour des lacs du massif du Néouvielle, qui semblait nettement moins enneigé à cette saison.
Le massif du Néouvielle : ce qu’il faut savoir
Situé dans les Hautes-Pyrénées, le massif du Néouvielle est l’un des plus beaux terrains de jeu pour les amateurs de randonnée et de trek dans les Pyrénées. Réputé pour ses paysages granitiques, ses forêts de pins à crochets et ses nombreux lacs d’altitude, il abrite plus de 70 lacs, ce qui en fait l’une des plus fortes concentrations lacustres du massif pyrénéen. Le point culminant est le pic de Néouvielle, qui s’élève à 3 091 mètres d’altitude.
Le secteur est également connu pour son microclimat relativement sec et ensoleillé, qui favorise le développement d’une faune et d’une flore particulièrement riches. Une partie de l’itinéraire traverse d’ailleurs la Réserve naturelle nationale du Néouvielle, créée pour protéger ces milieux fragiles et remarquables.
Une grande partie de l’itinéraire évolue au sein de la Réserve naturelle nationale du Néouvielle. Afin de préserver ce patrimoine naturel exceptionnel, certaines règles spécifiques s’appliquent :
- Les chiens sont interdits dans la réserve.
- La baignade et toute immersion dans les lacs et cours d’eau de la réserve sont interdites, y compris simplement tremper les pieds.
- Il est interdit de faire du feu.
- Tous les déchets doivent être redescendus.
- La faune doit être observée à distance et les milieux naturels respectés.
- Le bivouac est réglementé, voir ci dessous

Peut-on bivouaquer dans le Néouvielle ?
Oui, mais la réglementation est particulière.
Dans la Réserve naturelle nationale du Néouvielle, le bivouac est autorisé uniquement sur les deux aires aménagées situées aux abords des lacs d’Orédon et d’Aubert. Il est autorisé entre 19h et 9h uniquement.
En dehors du périmètre de la réserve naturelle, le bivouac reste possible selon les règles habituelles du bivouac de montagne : installation en fin de journée et démontage de la tente le matin, sans laisser de trace de son passage.
Avant votre départ, je vous recommande de vérifier la réglementation en vigueur, celle-ci pouvant évoluer afin de mieux protéger les milieux naturels particulièrement sensibles du massif.
Se nourrir sur le Tour des lacs du Néouvielle
Il est possible de réserver des pique-niques pour le midi dans la plupart des refuges, soit au moment de la réservation, soit la veille directement sur place. C’est une option pratique si vous souhaitez voyager léger ou ne pas vous soucier des repas.
Pour ma part, j’ai préféré emporter mes propres repas afin d’être totalement autonome. J’ai opté pour des plats lyophilisés, commandés sur le site Lyophilisé & Co, qui propose une large sélection adaptée à tous les régimes : végétarien, sans lactose, ou simplement gourmand. Cela m’a permis d’avoir des repas variés, savoureux et faciles à préparer en pleine montagne.
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Itinéraire : Tour des lacs du Néouvielle
Si vous cherchez un trek pour découvrir l’essentiel du massif du Néouvielle, difficile de faire mieux. L’itinéraire enchaîne les lacs, chacun avec son ambiance et ses couleurs, tout en offrant de superbes panoramas sur les sommets environnants. C’est également un excellent terrain d’observation de la faune, nous avons croisé de nombreuses marmottes et eu la chance d’apercevoir plusieurs isards au cours du trek.
Ce trek de 3 jours autour des lacs du Néouvielle est assez exigeant, surtout si vous partez en bivouac.
Globalement, le terrain est très minéral, avec de nombreux passages rocheux, des sentiers souvent encombrés de pierres ou de racines et peu de portions véritablement roulantes. Les distances peuvent sembler raisonnables sur le papier, mais entre le poids du sac, le dénivelé et la technicité du terrain, les kilomètres défilent beaucoup moins vite que prévu. Chaque pas demande un minimum d’attention, ce qui sollicite autant les jambes que la concentration. Résultat : malgré des étapes relativement correctes, nous arrivions chaque soir KO au spot de bivouac!
À qui s’adresse ce trek ?
Niveau modéré : ce trek s’adresse aux randonneurs ayant déjà une première expérience de la randonnée itinérante ou du trek, je ne le conseillerais pas aux débutants.
Pas idéal pour un premier trek : certaines étapes demandent une bonne condition physique et un minimum d’autonomie en montagne.
Dénivelé et distance raisonnables : les journées restent accessibles pour des marcheurs réguliers habitués à enchaîner plusieurs heures de randonnée.
Version refuge plus accessible : en dormant en refuge, le sac est beaucoup plus léger, ce qui réduit considérablement la difficulté des étapes.
Version bivouac plus engagée : avec le matériel de bivouac et l’autonomie alimentaire, l’effort est plus important, notamment dans les montées.
Parfait pour découvrir les Pyrénées en itinérance : un itinéraire varié, ponctué de nombreux lacs et de paysages spectaculaires, sans nécessiter de compétences techniques particulières.
Topo
Boucle de 41KM – 2700D+ – 2725D- au départ du parking Tournaboup, Barèges
Étapes :
J1 : Parking Tournaboup – Lac d’Orédon – 15km – 1100D – 700D-
J2 : Lac d’Orédon – Refuge Campana de Cloutou – 12,3km – 1100D+ – 746D-
J3 : Refuge Campana de Cloutou – Parking Tournaboup – 13,8km 520D+ – 1279D-
Nous avons croisé d’autres randonneurs qui commençaient depuis le refuge d’Orédon, en direction du Refuge Campana de Cloutou, puis le Refuge D’aygues cluses et retour à Orédon. Vous trouverez également d’autres itinéraires sur https://www.visit-neouvielle.com/les-tours-difficiles.html
Jour 1 – Parking Tournaboup – Lac d’Orédon
Le parking de Tournaboup est gratuit. Petit conseil : ne renseignez pas simplement « Tournaboup » dans votre GPS, au risque d’être envoyé de l’autre côté du col du Tourmalet, vers La Mongie. Assurez-vous de rester côté Barèges. Si vous franchissez le col du Tourmalet, c’est que vous êtes allés trop loin ! Voici le point GPS du départ : https://maps.app.goo.gl/3kAtB2oBxRpFT8cd7
Depuis le parking, nous prenons la direction du pont de Pountou. Les premiers kilomètres traversent de vastes pâturages où vaches et brebis paissent tranquillement. Nous quittons rapidement le GR10 pour emprunter un sentier qui monte vers le lac dets Coubous (2 064 m). Peu à peu, les estives laissent place à un univers plus minéral. Après une belle montée, l’apparition de ce premier lac est une belle récompense (je m’arrête forcément prendre des photos..).
Le sentier contourne ensuite le lac par la gauche avant de rejoindre le lac Blanc, où nous faisons notre pause déjeuner. Nous avons aperçu une personne se baigner. Même si la tentation est grande lorsqu’il fait chaud, il est important de préserver ces milieux fragiles : la baignade est fortement déconseillée dans les lacs d’altitude, dont les écosystèmes sont particulièrement sensibles.
Après un bon repas lyophilisé, nous reprenons notre progression en direction des lacs Nère et Estagnol. Le ciel commence à se couvrir, mais les couleurs des lacs n’en sont que plus belles !! L’itinéraire principal ne descend pas jusqu’au lac Estagnol, mais nous avons choisi de faire ce léger détour et nous ne l’avons pas regretté, le lac est sublime.
La montée se poursuit ensuite dans un décor très minéral où nous croisons plusieurs marmottes avant d’atteindre le premier col du trek : la Hourquette d’Aubert. Depuis ce passage à 2 498 mètres d’altitude, la vue sur les sommets et les lacs environnants est tout simplement exceptionnelle.
Les nuages devenant de plus en plus menaçants, nous ne nous attardons pas et entamons la longue descente vers le lac d’Orédon. Au passage, les vues sur le lac d’Aubert sont magnifiques, avec plusieurs cascades qui se jettent dans le lac au loin. Nous passons devant l’aire de bivouac du lac d’Aubert, qui semble offrir de très beaux emplacements. Notre campement se situe toutefois un peu plus bas, au bord du lac d’Orédon.
Petit rappel : nous sommes ici au cœur de la Réserve naturelle du Néouvielle. Le bivouac y est strictement réglementé et n’est autorisé que sur les aires aménagées des lacs d’Aubert et d’Orédon.
La descente vers Orédon est assez éprouvante malgré la perte d’altitude. Le sentier est jonché de pierres et de racines, obligeant à rester concentré en permanence. Un terrain qui fatigue autant les jambes que l’esprit …
Nous arrivons au lac d’Orédon pile au moment où les premières gouttes commencent à tomber. L’aire de bivouac est vaste et peut accueillir de nombreux randonneurs. À proximité de la fromagerie, des sanitaires, un point d’eau potable et un petit abri sont mis à disposition des bivouaqueurs, et la vue sur le lac est splendide !
Une fois la tente installée, nous remontons au Chalet d’Orédon pour le dîner. Le refuge, situé juste à côté de l’aire de bivouac, était complet, mais le chalet se trouve à seulement cinq minutes à pied et propose lui aussi hébergement, dîner et petit-déjeuner pour les randonneurs.
L’ambiance y est assez similaire à celle d’un refuge traditionnel. La salle est grande mais très bruyante, ce qui complique un peu les discussions avec les autres randonneurs, mais on y mange très correctement. D’après plusieurs personnes rencontrées, l’atmosphère est plus chaleureuse au refuge. Dans tous les cas, pensez à réserver plusieurs semaines à l’avance, surtout en période estivale !
Prix du refuge pour 2 repas et 2 petits déjeuner : 70€

Jour 2 – Lac d’Orédon – Refuge Campana de Cloutou
La nuit a été plutôt bonne, même si elle a été très humide ! Après un petit-déjeuner au Chalet d’Orédon, nous prenons la route vers 8h. Le sentier traverse d’abord une route avant de rejoindre le GR10 dans un sous-bois. Cette première partie est agréable et plutôt fraîche grâce à la forêt, puis le paysage s’ouvre progressivement jusqu’au col d’Estoudou (2 260 m).
Après le col, une longue descente nous attend à travers un vallon herbeux puis la pinède de Lude, jusqu’au lac de l’Oule (1 824 m). L’ambiance y est vraiment particulière, très paisible. Nous ne nous y sommes pas attardées car des orages étaient annoncés pour le milieu d’après-midi et nous préférions prendre de l’avance, mais c’est clairement un endroit où j’aurais aimé passer un peu plus de temps. Le sentier longe ensuite le lac par la gauche sur une portion quasiment plate. Et franchement, après tout ce dénivelé, ça fait du bien !
Après la cabane de Lude, le sentier remonte sur le GR10 en direction du refuge de Bastan. Lors de notre passage, le refuge était fermé, mais nous nous y sommes arrêtés pour la pause déjeuner. Les moustiques étaient de la partie, ce qui nous a vite motivé à repartir…
Nous reprenons donc notre progression vers le col de Bastanet. Les paysages deviennent de plus en plus beaux à mesure que l’on prend de la hauteur. Les lacs de Bastan sont superbes et, juste avant le col, dans un immense chaos rocheux, nous avons assisté à une scène trop mignonne : deux marmottes qui se chamaillent. J’aurais pu rester des heures à les observer !
Mais au loin, le tonnerre commence à gronder. L’orage se rapproche et il vaut mieux continuer. Nous atteignons finalement le col de Bastanet en début d’après-midi, où quelques isards se laissent apercevoir sur les pentes environnantes. D’un côté se dessine la silhouette du Pic du Midi, de l’autre les lacs de la Hourquette et d’Arrédoun, entourés de plusieurs petits laquets sans nom qui donnent beaucoup de charme au paysage.
La descente se poursuit ensuite dans les pierriers, en longeant un ruisseau qui dévale vers le lac de Campana. Au loin apparaît alors le refuge de Campana de Cloutou, entièrement rénové par le CAF en 2022.
À notre arrivée, plusieurs tentes étaient déjà installées autour du refuge. Les emplacements de bivouac sont un peu plus limités qu’à Orédon, mais nous avons tout de même trouvé un superbe spot, à proximité du lac et du refuge.
L’ambiance au refuge est vraiment géniale. Le repas était excellent et nous avons même eu droit à un petit concert par un Italien et une Espagnole (le groupe Tarnteira) rencontrés sur place. C’est exactement ce que j’aime dans les refuges : ces moments simples, ces rencontres improbables et cette atmosphère hors du temps que l’on retrouve rarement ailleurs.
Nous rejoignons finalement notre tente pour une magnifique nuit sous les étoiles, bien plus sèche que la précédente !
Prix du refuge pour 2 repas et 2 petits déjeuner : 66€

Jour 3 – Refuge Campana de Cloutou – Parking Tournaboup (en passant par le refuge d’Aygues Cluses)
Le petit-déjeuner au refuge est assez simple : pain complet, pain d’épices, confitures, café et chocolat chaud. Rien d’extraordinaire, mais largement suffisant avant une nouvelle journée de marche.
Comme les deux jours précédents, le ciel est parfaitement dégagé au réveil. Nous remontons en direction du lac de la Hourquette, que nous avons traversé la veille, avant de bifurquer à droite vers la Hourquette de Caderolles. La descente qui suit est assez raide et caillouteuse, mais elle offre de superbes points de vue sur le lac de Port Bielh que nous allons ensuite longer.
Nous attaquons alors la dernière montée du trek vers la Hourquette de Nère. Une névée est encore présente sous le col, mais elle se contourne facilement. Une fois au sommet, la vue est exceptionnelle sur l’ensemble de la réserve naturelle du Néouvielle. C’est aussi l’occasion de repérer certains secteurs traversés les jours précédents et de réaliser tout le chemin parcouru.
Sous la Hourquette de Nère, nous croisons plusieurs marmottes, des brebis, mais aussi des vaches particulières… à la robe gris clair, couleur béton ! Je n’avais jamais vu ça auparavant ahaha.
Nous rejoignons ensuite le refuge d’Aygues Cluses pour la pause déjeuner et notre dernier repas lyophilisé du séjour. Le refuge a l’air vraiment sympa, mais les nuages commencent à s’accumuler et l’orage est annoncé. Comme il nous reste encore près de 800 mètres de dénivelé négatif à parcourir, nous préférons ne pas trop nous attarder.
Le sentier du GR10 qui redescend vers le pont de Pountou est magnifique. Après plusieurs jours dans un univers très minéral, cette portion beaucoup plus verte et bucolique apporte un vrai changement d’ambiance. C’est l’une de mes sections préférées de la journée.
La descente est longue avec les 15 kg sur le dos, mais arrivée à l’embranchement du pont de Pountou, déjà emprunté le premier jour, une jolie surprise nous attend : plusieurs chevaux accompagnés d’un poulain qui galopait dans tous les sens dans les pâturages. Bien sûr, je me suis arrêtée quelques minutes pour les observer!! Ces petits moments simples font aussi partie de la magie du trek.
Mais le tonnerre gronde de plus en plus fort et il nous reste encore les derniers 250 mètres de descente jusqu’au parking. Nous accélérons un peu le pas et arrivons finalement à la voiture juste au moment où l’orage éclate. Quelques secondes plus tard, la pluie et la grêle commencent à tomber. Quel timing ! Je pense à tous ceux qui étaient encore sur les sentiers et me sens chanceuse de ce timing …
Pour récupérer après ces trois jours de marche, nous avons passé la nuit au Logis Hôtel Le Central à Barèges. Le personnel est très accueillant et l’établissement dispose d’un spa et d’un sauna, parfaits pour détendre les jambes après le trek. Mention spéciale également pour le petit-déjeuner, vraiment excellent. Une très belle façon de conclure cette aventure dans le massif du Néouvielle.















